Et si on s’intéressait au ressenti des élèves dans une classe, à leur empathie ?

C’est le questionnement qui a conduit le Danemark à décréter des cours d’empathie dès 1993. Aujourd’hui, la Russie, les Pays-Bas et la Belgique dispensent également ces cours singuliers.

L’enseignement de l’empathie n’existe pas en France. Certains professeurs essayent tant bien que mal de sortir du moule afin de mieux cerner certaines réactions dans une classe, mais ils sont isolés.

Au Danemark, en revanche, ce cours d’empathie est enseigné depuis des années. Il permet de tisser un lien social solide entre les élèves mais également avec le corps enseignant.

Récemment, la Belgique a également ouvert son programme d’éducation à cette nouvelle discipline ô combien importante pour le bien-être de la jeunesse et son développement personnel.

Cours d’empathie, l’exemple belge

Exemple à Bruxelles, dans une classe primaire où le média Brut a suivi l’un de ses cours.

La professeur entame son cours d’une manière très traditionnelle où chacun des élèves est assis à sa place. Depuis son bureau, l’enseignante demande aux enfants quelles émotions ont-ils ressenties durant le week-end ?

Face à eux, des cartes qu’ils sont libres de choisir pour illustrer leurs sentiments. Sur chacune d’elles figurent des besoins qui sont susceptibles de pallier à une réaction excessive. 

Désinhibé, chaque élève conte le récit des émotions ressentis : « J’ai ressenti de la jalousie envers ma sœur » indique l’une d’elle. L’enseignante essaye alors de comprendre pourquoi la jeune fille a ressenti cela.

Un dialogue sans filtres s’engage alors. L’enseignante se confie également, avoue ressentir quelque fois des émotions semblables à celle de sa classe. Un lien de confiance est instauré. Au fil de la vidéo, des conflits entre élèves sont résolus.

 

L’empathie, une alternative à la sanction

 

Voici comment se déroule un cours d’empathie en Belgique. Basés sur l’échange et le respect de l’autre, il est une brillante idée importée du Danemark.

Le contenu du cours est varié. L’enseignant transmet à l’élève la capacité à se mettre à la place de l’autre, à réfléchir avant d’agir, à montrer du respect, ressentir et percevoir.

Des qualités bien trop souvent vues comme innées et dépendantes de l’éducation à la maison mais finalement primordial à développer à l’école.

À ordre d’une heure par semaine, le cours d’empathie est obligatoire dans le pays scandinave et dispensé de 6 à 16 ans. Plus proche de l’atelier que du cours magistral, l’empathie est une discipline à part entière où la séance prend l’allure d’un groupe de discussion.

Chaque élève peut s’exprimer et interagir librement afin de résoudre divers problèmes personnelles et professionnelles ensemble.

 

L’empathie et la gentillesse, ça s’apprend !

 

De l’autre côté de la planète, la discipline a également su séduire le programme éducatif russe. À Moscou par exemple, les élèves sont initiées à la gentillesse. Pour cela, les classes sont amenées à interagir avec des personnes en situation de handicap afin d’en faire découler du respect et de l’empathie.

Au Pays-Bas également, des écoles expérimentent le « mentoring », un concept visant à mélanger petits et grands afin de transmettre l’expérience des élèves plus âgés.

Ainsi, les « grands » viennent en aide aux plus « petits » chaque semaine dans différents contextes. Que cela soit pour résoudre un exercice, cuisiner ensemble ou faire du sport, les activités permettent de se mettre à la place de l’autre. Ensemble, ils préparent également un spectacle de fin d’année. Pour cet événement, ils confectionnent des objets destinés à la vente et dont la recette est reversée à une association caritative. Un concept qui prend racine dans la clairvoyance du Danemark.

Est-ce un hasard si le pays scandinave est réputé comme le pays le plus heureux du monde ?