Le TDHA ! Un terme en vogue, à la mode, dont on entend parler de plus en plus.

Mais ce n’est pas une mode, un phénomène de société ou un lobby organisé par les laboratoires pharmaceutiques.

C’est la réalité de centaines de familles, et c’est ma réalité, mon quotidien depuis 15 ans !

Je suis maman de quatre enfants, maman pour la première fois à 28 ans d’un petit garçon qui avant de marcher à 9 mois se déplaçait sur les bras ou par n’importe quel moyen, qui a parlé très tôt, plein de vie quoi !

Très vite il s’est mis à grimper aux arbres, à faire les quatre cents coups…

 

Après la crèche, il est entré à l’école et c’est là qu’ont commencé les problèmes. Tant qu’il était libre tout allait bien, c’était le petit qui faisait rire tout le monde, qui entrainait les copains à faire les bêtises aussi mais jamais rien de méchant.

Premier jour d’école, et sans aucune exagération : « Allo Madame, c’est l’école de votre fils, ne vous inquiétez pas, rien de grave, par contre il faudrait que vous veniez le chercher il s’est ouvert le menton… », deuxième jour, et toujours sans exagération : « Alllo Madame, c’est l’école, encore, rien de grave, mais votre fils s’est étranglé avec une corde accroché au vélo » et ça ne s’est jamais arrêté…Tous les jours, prise à partie à la porte de la classe par la maîtresse, et ce n’était que la maternelle !

Enfin, le CP, ah le CP… « Madame, votre fils est très intelligent, très agréable, mais il faut qu’il comprenne que maintenant il est à l’école, qu’il doit rester assis et arrêter de s’agiter ou de regarder par la fenêtre »…

On a fini par le changer d’école et il a pu passer un primaire dans un environnement bienveillant sans être trop stigmatisé. Mais on nous disait quand même qu’il y avait quelque chose et qu’il fallait creuser parce qu’il n’arrivait pas à se concentrer et qu’il pouvait être excellent, seulement quand il le décidait.

 

C’est en début de 6e que nous lui avons fait passer des tests avec une neuro-psychologue spécialisée, et là, on nous apprend alors que notre fils a un Trouble du déficit de l’Attention avec une Hyperactivité et on nous envoie consulter un pédopsychiatre !

El là, on nous dresse le tableau de ce que nous allons vivre. Recherche de sensations fortes, mise en danger, rébellion…Une crise d’ado mais en dix fois plus fort…

On nous dit qu’il faut qu’il prenne un traitement ! Très compliqué de donner ce genre de traitement à son enfant. Donner des amphétamines à son enfant chaque jour, pour qu’il puisse travailler, être concentré…avoir l’impression de le droguer pour qu’il soit tranquille !

Avoir un enfant qui a un TDAH ce n’est pas seulement un trouble à gérer à l’école, il faut le gérer à la maison, dans la famille, dans la fratrie…dans la vie de tous les jours. Un deuxième métier quoi !

 

Bref, le diagnostic était posé, ça y est on savait, on allait enfin pouvoir l’aider…

On nous a donné les recommandations pour le corps enseignant, des documents pour leur expliquer ce trouble et comment, de manière très simple, le prendre en charge en classe.

Mais à l’époque, ce terme de TDAH n’avait pas encore fait le tour des réseaux sociaux. Pour les enseignants ce n’était qu’un trouble du comportement. Un élève qui dérange la classe parce qu’il parle sans lever la main, parce qu’il se retourne, parce qu’il ne tient pas en place sur la chaise.

Alors la solution, c’est de l’envoyer en permanence ! Et oui, un élève de collège qui passe ses journées d’école en permanence ça paraît incroyable parce qu’il n’arrive pas à se concentrer en classe.

Alors on essaie de mettre en place un PPS, mais pour ça il faut une notification MDPH, en gros de faire reconnaître le trouble comme un handicap. Allez faire comprendre à un ado que ce n’est qu’une formalité administrative, qu’il n’est pas handicapé. Un refus, deux refus, puis un contentieux…

Allez faire comprendre à un ado, encore, que ce n’est qu’une formalité administrative quand il doit expliquer lui-même devant un juge et un médecin pourquoi il n’arrive pas à se concentrer en classe. Mais ça marche, notification obtenue, PPS mis en place, mais toujours pas appliqué par les professeurs…

Collège chaotique, stigmatisation, exclusion…

Résultat : échec scolaire et une vraie blessure au fond d’un jeune à qui on répète depuis des années qu’il n’arrivera à rien sauf à devenir un délinquant !

 

Donc on cherche des solutions, on cherche, on essaie, on apprend pour lui permettre d’avancer sans trop se perdre et pour nous permettre à nous parents de tenir bon car il n’y a pas qu’à l’école que c’est compliqué le TDAH. Tout se répercute et s’exprime aussi et surtout à la maison, dans la vie de famille.

Quand on me dit « mais c’est rien, c’est un ado comme tous les ados », non pas du tout c’est un ado qui fait sa crise d’ado multipliée par dix. Les crises dans les centres commerciaux parce que je refuse d’acheter une casquette, ne pas savoir où il est pendant des heures parce qu’il n’a pas conscience du temps, l’attendre et l’entendre rentrer dans la nuit par la fenêtre après avoir escalader deux étages de l’immeuble…pour ne pas nous réveiller…

Malgré tout cela, nous savons que nous avons un fils avec d’énormes qualités et qu’un jour il trouvera le moyen de les exploiter. Tout ce pour quoi il est critiqué dans le système scolaire, sera pour lui une force quand il aura trouvé ce qui lui plaît.

Malgré tout cela, nous essayons de rester positif et nous essayons de ne pas lâcher, de ne pas le lâcher !

Ruthy S.

 

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